Les langues paternelles

Il est sorti le livre. En janvier. Il est là. Je les entends déjà, les pauvres langues paternelles. Tu en as encore fait de belles, mon fils. C'est quoi ce livre? Ca parle de moi? Je le savais, que tu y viendrais. Mais ce masque, là, ça rime à quoi? Tu ne te trouves pas assez beau, c'est ça? Ou alors je te fais honte? Mais non papa. D'abord tu es mort. C'est par rapport aux enfants. Je. Bon. C'est vrai que c'est une situation impossible papa. Ca ne m'étonne pas mon fils. Tu tiens de moi.

Nom :
Lieu : France

08 février 2006

Une vraie famille, les Roth

Voilà autre chose. Il parait qu'ils sont mieux les autres fils. Bien mieux que moi. Il ne manquait plus que ça. Qu'est ce qu'ils ont de plus les autres? Qu'est ce qu'il t'a dit, papa Roth, au bac à sable? Allez parle donc petit papa. Comment un meilleur fils? Meilleur que moi? Ah. Je savais bien qu'ils approchaient les ennuis. C'est malin Assouline, ce rapprochement. Allez raconte dis-moi. Tu le sais bien que je peux tout entendre maintenant petit papa, puisque tu es mort. Tu le sais bien que c'est fini. Il l'a accompagné plusieurs fois à l'hopital, d'accord. Cesse de pleurer et raconte moi. Il a regardé ses IRM, d'accord. Discuté avec les neurochirurgiens. Regardé la tumeur en long en large en travers. Un vrai chagrin, lui. Un chagrin au long cours. De l'accompagnement patient, serein. Et moi pendant que tu mourais, j'étais au Futuroscope, je le sais bien. Avec mes trois enfants, je sais. Evidemment. Evidemment je les sentais venir les ennuis. Une vraie famille les Roth. Un vrai fils un vrai père. Avec du temps de l'attention des insomnies tout l'accompagnement du cancer de papa. Du chagrin au long cours. Du bon chagrin solide, aux normes familiales. Du bon chagrin bien sain, une vraie famille. Mais enfin. Ce n'est pas comparable tu sais bien. Tu le sais bien qu'on ne fait rien comme les autres petit papa. Sinon il n'y aurait pas d'histoire. Si elles m'avaient toujours parlé clair les langues paternelles, il n'y aurait pas d'histoire. Mais on n'est pas les seuls tu sais petit papa. Faut pas les laisser te dire n'importe quoi. Allez retournes-y et demande à papa Kafka, demande-lui donc ce qu'il en pense.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

il n'y a pas de vrai chagrin, il n'y a pas de bon langage, il n'y a pas de bon père ni de bon fils.
La masse des gens le voudrait mais la réalité est autre : il n'y a que ce que nous sommes et ce que nous ressentons.

08:51  

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