Les langues paternelles

Il est sorti le livre. En janvier. Il est là. Je les entends déjà, les pauvres langues paternelles. Tu en as encore fait de belles, mon fils. C'est quoi ce livre? Ca parle de moi? Je le savais, que tu y viendrais. Mais ce masque, là, ça rime à quoi? Tu ne te trouves pas assez beau, c'est ça? Ou alors je te fais honte? Mais non papa. D'abord tu es mort. C'est par rapport aux enfants. Je. Bon. C'est vrai que c'est une situation impossible papa. Ca ne m'étonne pas mon fils. Tu tiens de moi.

Nom :
Lieu : France

29 mai 2006

Chez les malheureux du monde

Ne le dis pas. Cette violence n'en dis rien. Cette violence du modèle. C'est un sujet qui brûle.

Le malheur de ma mère, applaudissements. Mes beignes dans la gueule, applaudissements. Le boulimique, applaudissements. Les soirs sans pain, applaudissements. Mon HLM, applaudissements.

Ne le dis pas. Garde pour toi. Ne t'approche pas, c'est un sujet qui brûle. Ne t'approche pas de l'incendie.

Morte de trop d'amour, applaudissements. Sur une lettre, applaudissements. Près de son corps, applaudissements. Qui m'a construite, applaudissements. Si aujourd'hui, applaudissements. Il fallait bien, applaudissements. Que j'aille au fond, applaudissements. Pour mes enfants, applaudissements.

Ce pays qui devait te rester étranger. Ne le dis pas. Ne t'approche pas. Cette impudeur des malheureux de la terre, n'en dis rien. C'est un sujet qui brûle, leur grand bonheur.

C'est ma revanche, applaudissements. Mon grand retour, applaudissements. Inaperçu, applaudissements. A sa sortie, applaudissements. Pas mécontent, applaudissements. Au bac français, applaudissements.

Ne le dis pas. Ne t'approche pas c'est un sujet qui brûle. Pas comme les autres, tu le sais bien. Entre les lignes, tu le sais bien.

10 Comments:

Anonymous Anonyme said...

David ou Serge ?
Je suis perdu mais je n'ai pas envie que la chaîne s'arrête.
A la lecture de ton texte il m'est revenu une chanson de la grande Edith.

Un clown est mon ami,
....
Pour ton nez qui s'allume, BRAVO!
Tes cheveux que l'on plume, BRAVO!

Excellente décision que la modération des commentaires.
Je suis allé à Paris ce week-end, pèlerinage. J'aurais plein de truc à te raconter, rue de Rivoli hauteur St Paul, restaurant chez Marianne, place Fréhel...
Attendons d'être plus au calme.

17:32  
Anonymous Anonyme said...

S'il faut s'asseoir sur un jet d'eau pour applaudir des deux mains, eho ! Ca va pas bien ! Buvons un coup plutôt. Comment faire autrement que plonger dans les fontaines vides à rires déployés, éclabousser la vie enfouie dans nos gorges avides de s’y noyer.
Allez ! Venez Milords ! Dans ce coin confortable, les mots frissonnent, blessent, caressent et résonnent encore. Et alors, lentement, sans les effaroucher, peut-être seront-nous capables de les prononcer. De revenir entre les lignes, glisser un sourire, laisser un signe. En attendant, santé !

19:03  
Blogger Daniel Schneidermann said...

Chez Marianne hauteur Saint Paul je brûle de savoir évidemment. Mais lui Roland une confidence c'était plutôt chez Momo. Pizza Momo. Il y a vingt ans, pizza Momo. Sur la ligne du 96 évidemment. Ca existe toujours?

21:00  
Anonymous Anonyme said...

Chez Marianne, petite rue perpendiculaire à la rue des rosiers, tu sais là où y a des kips bien posées et d'autres de travers.
Bien mangé, plein de trucs exotiques, qui font baver rien que de les voir.
Un peu déçu de la rue de Belleville et de la rue du faubourg du temple, moins cosmopolite (20 ans déjà!!), plus asiatique. J'ai pas vu pizza Momo, mais j'ai vu et ça m'a amusé un restau chinois "restauration rapide" qui s'appelait "Ben Lon".
Place Fréhel, une Bellevilloise (ça se dit comme ça?) de 70/80 ans m'a demandé si elle pouvait m'aider (je devais sembler perdu par mes émotions). Je l'ai remmerciée et c'est tout. Après, j'ai regretté de ne pas lui avoir parlé de petit Papa, je suis certain qu'elle connaissait.
A lire les comments, il semble que la chaîne va se reformer.
Bernadette, arrête de faire la tronche, on va le sauver le soldat David.
Vanessa, amène ton accent et arrête la poussière.
Tous les autres vrais gens revenez, pour qu'on chante et qu'on rit "Le lundi au soleil..."
Allez, ça s'arrêtera un jour, mais pas comme après "la sauterie", simplement entre nous.
Je te serre.

21:37  
Anonymous Anonyme said...

Mais non Roland, je ne fais pas la tronche.....peut être une petite mise à distance de tout ce monde qui n'est pas le mien, qui ne semble pas être le notre...champagne, applaudissements, Bénabar, l'intime, le grand ménage,les mots douloureux...mise à distance de la douleur, de la mort, de la violence....mise à distance des langues paternelles (excuse,David...voilà que je mets à le tutoyer!!??!) ....mais le livre est toujours là, près de moi,en cas de coup dur!!?!!...j'ai relu des lignes d'Albert Cohen "Le livre de ma mère",découvert les liens entre Proust et sa mère,revisité "Paris Texas" et "Don't come knocking" de Wims Wenders,histoire de filiation, replongé dans "Tout sur ma mère" de Pedro Almodovar,vu Volver,du même Pedro....non, devant toute cette excellence, je ne peux pas faire la tronche!!!maintenant je vais essayer d'aller comprendre ce qui est écrit dans le dernier message transmis par David:"le Daniel de potok" d'une inconnue: cette douleur,cette souffrance, ce silence,ces paroles qui cachent le coeur,je ne suis pas sûre de tout saisir....Salut à tous BERNADETTE

12:25  
Anonymous Anonyme said...

Youpi, j'ai réussi!!! Moi aussi je voulais de la distance, j'aime pas le champagne après la fête, en apéro à la rigueur.
Nos partages me manquaient alors comment faire?
David, je l'ai tutoyé tout de suite, pas d'excuse, je suis un p'tit Papa.
Ma fille AS a lu le livre, elle m'aime, avait tout compris avant la lecture, elle m'appelle p'tit Papa depuis. Avant c'était papounet.
Vous voyez, la vie peut être simple.
Mes deux garçons ne lisent que pendant les vacances, j'attends avec impatience septembre.
Vous l'avez peut-être lu, je suis retourné à Paris ce week-end. Je suis retourné dans les pas de ma jeunesse et dans les pas de David, mon amoureuse avec moi, j'ai raconté.
Merci d'avoir écrit Bernadette, Elisabeth est avec nous,reste à secouer les autres.

14:29  
Anonymous Anonyme said...

tout saisir ? mais pourquoi ? goûtons sans comprendre mais ne restons pas trop entre soi, barriquadés dans le confort de la modération

16:27  
Anonymous Anonyme said...

Goûter pour comprendre, saisir pour transmettre, s'ouvrir pour partager où sont les barricades ?
Le blog était parti en apnée et personnellement j'avais besoin de retrouver un peu d'air. Bienvenue Florence.

17:01  
Anonymous Anonyme said...

J'aime assez comprendre et sentir derrière les mots retenus de subtiles évidences, loin des hurlements de la meute. Avoir la chance de deviner derrière les propos modérés ce qui ne se dit pas mais se laisse entrevoir si l’on a la curiosité d’en saisir la puissance. Goûtons, saisissons, respirons. N’est-il pas délicieusement sauvage le parfum des barricades ?

17:34  
Anonymous Anonyme said...

A vous,David,Roland, Elizabeth, et Vanessa,Florence et les autres... Saisir pour comprendre,saisir pour élargir, pour aimé,pour être aimé, pour transmettre,pour être indigné même.....sans doute que je commencerai à vieillir lorque je ne serai plus indignée!!!!!! le confort de la modération? Connais pas! Mais libérer la parole, les mots...en deviner le sens, comme dans les langues paternelles...saisir en devinant,voilà ,c'est ça!Jamais sûr de rien! toujours laisser flotter un air de doute et de légèreté au-dessus des barricades,comme quand on va à la chasse aux papillons.....Bon vent BERNADETTE P.S.:bien joué Roland,tu m'as eue!merci!

10:38  

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